Ref. :  000004465
Date :  2002-10-02
Language :  French
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La deuxième commission entend un exposé du professeur Stiglitz, Prix Nobel d’Economie, sur les incidences négatives de la mondialisation

Author :  ONU / UN


Au cours d'une réunion spéciale d'information, la Commission économique et financière a entendu ce matin une présentation de M. Joseph Stiglitz, Professeur d'économie et de finance à l'Université Columbia, Lauréat du Prix Nobel d'économie en 2001 et ancien Economiste en chef de la Banque mondiale, sur le thème: "Développement durable: enseignements tirés de l'année dernière".

Dans sa présentation, M. Stiglitz a estimé que malgré les succès et les immenses bénéfices qu'elle avait générés dans certaines parties du monde, la mondialisation a eu des incidences souvent négatives sur les économies des pays en développement dont la vie des populations a été affectée par une paupérisation accélérée.

Après que la communauté internationale ait fait un certain nombre de constats négatifs sur les mécanismes économiques actuels, la Conférence de Monterrey a démontré, au printemps dernier, que les questions économiques et financières devaient être traitées sous un angle multisectoriel, et que les institutions de Bretton Woods ne pouvaient prétendre les accaparer, a dit M. Stiglitz. Il a ensuite fait un bilan négatif des résultats de la mise en œuvre des politiques libérales du "Consensus de Washington" qui ont été appliquées, sous l'égide du Fonds monétaire international, en Amérique latine, notamment en Argentine, dans les pays d'Asie du Sud-Est, et dans les pays africains, à qui ont été imposés des schémas dits d'ajustement structurel. Dans une analyse des mécanismes de la mondialisation, M. Stiglitz a réfuté le dogme selon lequel les marchés seraient capables de s'autoréguler. "Les échecs de la mondialisation proviennent essentiellement du manque de régulations, de règles claires et équitables, et de l'excessive libéralisation des marchés de capitaux qui a créé une instabilité chronique dans les transactions financières", a déclaré l'orateur en critiquant ensuite l'absence d'une véritable réforme de l'architecture financière internationale et en se posant des questions sur les résistances qui existent contre toute tentative de créer une véritable transparence du système bancaire international.

L'interdépendance des économies est devenue un fait réel, a dit M. Stiglitz, en faisant remarquer qu'aujourd'hui, le ralentissement américain, qui se produit après les scandales causés par les faillites de grandes multinationales comme "ENRON" et "WorldCom" et la perte de confiance dans les mécanismes boursiers, se répercute directement sur les autres économies. Les Etats-Unis, qui empruntent chaque année une moyenne de 400 milliards de dollars, sont le pays le plus endetté du monde et privent les autres pays, notamment ceux en développement, des capitaux dont ils auraient besoin pour amorcer leur développement, a dit l'intervenant, en démontrant l'iniquité du système actuel de transferts financiers qui favorise le financement des économies industrialisées par des ressources en provenance des régions du monde les plus défavorisées.

Après un dialogue interactif entre les délégations et le Professeur Stiglitz, la Commission a repris son débat général en entendant les déclarations des représentants des Philippines, de la Jordanie, du Kirghizistan, de la Lettonie, d'Israël, du Bélarus, de Bahreïn et de l'Uruguay. La Commission économique et financière poursuivra son débat général cet après-midi à 15 heures.

Réunion d’information

M. Joseph Stiglitz, Professeur d'économie et de finance à l'Université Columbia, Lauréat du Prix Nobel en 2001 et ancien Economiste en Chef de la Banque mondiale, a fait, devant la Deuxième Commission, une présentation sur le thème: "Développement durable: enseignements tirés de l'année dernière".

La mondialisation a eu des incidences importantes et souvent négatives sur les économies du monde en développement et sur les vies de toutes les populations, notamment les plus pauvres, a déclaré M. Stiglitz. La Conférence de Monterrey a démontré que les questions économiques devaient être traitées de manière multisectorielle et que les institutions de Bretton Woods ne pouvaient pas prétendre les accaparer. La décision annoncée à Monterrey par les Etats-Unis de relever le niveau de leur aide publique au développement (APD) est une admission du bien-fondé de l'APD. Les projets financés par l'APD qui sont conçus de manière à avoir un impact direct sur la vie des populations doivent être encouragés. Cependant, les statistiques sur l'APD dont se servent encore aujourd'hui les décideurs occidentaux sont douteuses, car elles datent toutes de la période de la guerre froide. L'APD qui était accordée à cette époque n'avait pas vraiment pour objectif de promouvoir le développement, mais plutôt d'acheter la loyauté des dirigeants des pays du Sud contre l'influence soviétique. On peut à ce sujet citer le cas de la relation qu'avaient les Etats Unis avec le Président Mobutu du Zaïre. Il est donc injuste de se baser aujourd'hui sur ces chiffres pour prétendre que l'APD n'a eu aucun impact positif ou qu'elle aurait été mal gérée. On ne demandait pas à ces dirigeants de promouvoir le développement de leurs pays. On leur donnait simplement les moyens de les contrôler.

Avant Monterrey, un dialogue s'est engagé sur certains points dont la mise en œuvre exige un multilatéralisme accru. Il en est ainsi des biens publics mondiaux. Mais les politiques de plus en plus unilatérales des Etats-Unis ont mis un bémol à ce début de dialogue. La réunion de l'OMC à Doha a eu pour mérite de reconnaître l'inégalité et la partialité de l'application des accords du Cycle d'Uruguay. Si la libéralisation commerciale s'est étendue aux services, elle n'a en réalité été appliquée qu'aux domaines profitables aux pays industrialisés et non à ceux dans lesquels les pays en développement ont des avantages comparatifs. La conclusion des accords commerciaux liés à la propriété industrielle (Accords TRIPS) est l’aboutissement d'un processus faussé dès la conception même des règles régissant ces accords. Les pays en développement ont été exclus de l'énonciation de ces règles. Les subventions agricoles sont un autre domaine dans lequel les pays en développement, notamment l'Afrique, sont victimes des agissements des pays riches. Dans le domaine de la culture du coton par exemple, les subventions américaines à leurs producteurs ont rendu les exportations africaines non compétitives. Il est symptomatique de constater que juste après Doha, les Etats-Unis ont augmenté le niveau de ces subventions agricoles. Si le pays le plus riche du monde adopte ce genre de politique pour protéger ses travailleurs, que feront ceux qui sont plus défavorisés et où la perte d'un emploi a un impact parfois mortel sur la vie d'une famille?

Après la crise financière asiatique, tout le monde s'est mis à parler de la nécessité de créer plus de transparence dans les marchés financiers, notamment dans les circuits de capitaux et d'investissements. Mais curieusement, en Occident, on semble de plus en plus pencher vers une solution qui imposerait des règles de transparence qui s'appliqueraient seulement au monde en développement. Pour les Etats-Unis, les règles de transparence ne devaient pas, par exemple, s'appliquer aux centres financiers offshore qui servent leurs intérêts. Les efforts de l'OCDE dans ce domaine ont été bloqués par le Département du Trésor américain, jusqu'à ce qu'il soit révélé que certains des financements qui ont bénéficié aux terroristes sont passés par ces centres. Nous savons tous d'autre part, que de nombreux cas de corruption sont dus à la facilité avec laquelle des fonds peuvent être détournés des pays pauvres et transférés dans des comptes bancaires secrets dans les pays riches. Ces pays refusent aujourd'hui toutes mesures qui exigeraient la transparence bancaire. La pauvreté, a-t-on constaté, est un terrain fertile pour l'endoctrinement et le terrorisme. Ceux qui ne voulaient pas l'accepter, parce que cela les aurait obligés à reconnaître leur responsabilité morale dans la lutte contre ce fléau, commencent aujourd'hui à l'accepter.

L'Argentine et la crise qui la secoue sont l'exemple même des mauvaises politiques qui se pratiquent en matière financière. Le discours sur la réforme de l'architecture financière internationale est resté lettre morte, et rien n'a été fait pour régler les questions qui se posent, notamment dans les pays dits émergents qui ont appliqué des politiques issues du fameux "Consensus de Washington". Les plans de sauvetage du FMI ne peuvent être couronnés de succès, et cela a été prouvé dans plusieurs des situations que le monde a connu ces dernières années. Il est donc temps de les changer. On a cru pendant longtemps que les pays riches allaient aider les pays pauvres à se développer. Mais on constate que les Etats-Unis empruntent plus de 400 milliards de dollars chaque année, siphonnant ainsi les ressources financières internationales qui devraient aller vers les pays du Sud. Ce pays, qui est le plus endetté au monde et qui vit en déficit constant, refuse cependant de changer son mode de vie et ses habitudes de consommation. Les autres nations sont obligées de sacrifier l'existence même de leurs populations pour servir, sous la contrainte, des services de dette extérieure insoutenables.

L'idée de la libéralisation des marchés de capitaux a été approuvée après avoir longtemps circulé, bien que ses promoteurs aient été conscients que cette décision aggraverait la volatilité des capitaux. On a dit que les pays en développement qui créeraient un cadre libéral porteur seraient récompensés par un accès facilité aux capitaux. Mais l'Argentine et d'autres pays, notamment d'Asie, qui ont appliqué le système de taux de change fixe qui leur était parfois imposé, ont été victimes du credo prêché par le FMI. Le type de politique fiscale qui a été imposé aux pays a eu des conséquences négatives. Les décideurs occidentaux ont à un moment décidé qu'il fallait à tous prix stimuler l'économie mondiale. Les politiques imposées dans ce but, et qui n'ont pas marché, ont causé des crises incontrôlables et une hausse du chômage qui a entraîné des troubles sociaux dans des pays comme l'Argentine. Quant les privatisations, autre credo libéral, sont mal menées, elles accélèrent le déclenchement des crises comme on l'a constaté en Argentine.

Concernant les approches économiques actuelles face au ralentissement de l'économie mondiale, nous pensons que la doctrine que veulent imposer les Etats-Unis sur les faillites de grandes compagnies est incomplète. Elle ne peut en effet s'appliquer à toutes les entreprises et à toutes les régions du monde. L'approche prônée en ce moment semble destinée à sauvegarder les intérêts des grands créanciers et des principaux actionnaires. Mais elle néglige les intérêts des petits porteurs, qui sont la majorité, et elle ne fait pas mention des conséquences sociales des faillites. La question du devenir des employés de ces entreprises et de leur fonds de pension semble être soigneusement mise de côté.

Concernant l'architecture financière internationale, Monterrey a démontré que sa réforme devait inclure de nouveaux partenaires. Vouloir limiter la réflexion aux ministres des finances et aux directeurs de banques centrales ne nous mènera nulle part. Ces gens étant ceux qui sont à l'origine des mauvais choix du passé, on ne peut compter sur eux pour mener une réforme transparente créant un nouveau système plus équitable. Cette réforme étant cruciale pour une évaluation plus vaste de la mondialisation, il faudrait qu'elle soit débattue dans un forum plus vaste et plus représentatif des différents intérêts qui sont en jeu.

Du fait de la mondialisation, quand les Etats-Unis ont un problème, le reste du monde en subit directement les conséquences. Le ralentissement économique actuel le prouve. La libéralisation des marchés de capitaux a amplifié la volatilité du système financier mondial. La réforme bancaire qui devait avoir lieu ne s'est pas faite, ce qui fait qu'aujourd'hui beaucoup d'institutions souffrent d'inadéquation de capitaux et sont obligées de réduire leurs prêts, ce qui en retour se répercute sur la création d'entreprises et sur la consommation. Certains veulent confier la réforme du système aux banquiers centraux, auxquels on prêtait une sagesse qu'ils n'ont peut-être pas. Ce genre d'attitude est en elle-même une négation de la démocratie. Les scandales de sociétés comme ENRON, WorldCom, Arthur Andersen et autres, montrent à quel point le système est faussé. La crise de confiance qui en est issue a largement contribué au ralentissement actuel de l'économie américaine et mondiale. Les marchés ne vont jamais s'autoréguler. Les gouvernements et les institutions publiques de réglementation doivent jouer le rôle qui devrait être le leur. Le Trésor américain et les institutions de Bretton, qui au moment de la crise asiatique, avaient ouvertement critiqué les pays d'Asie du Sud-Est et d'Asie de l'Est, en leur vantant le modèle et les réglementations américaines, sont aujourd'hui muets et désarmés face aux scandales provoqués par des compagnies américaines qui étaient censées opérer dans le cadre modèle que l'on voulait imposer au monde entier. Si elle a profité à quelques groupes de pays, la mondialisation n'a pas été un succès dans la plupart des régions du monde. Nous pensons que c'est parce qu'elle n'a pas été bien gérée et parce qu'on a refusé de lui imposer des règles.

Questions réponses

Répondant aux questions des délégations sur les mesures, leçons et priorités à retenir, le Professeur Joseph Stiglitz a cité l'exemple de la crise argentine. A cet égard, il a déclaré qu'il est très étonnant, voire bizarre qu'en période de crise de l'Argentine, on constate que les flux d'argent vont de l'Argentine vers Washington alors que cela devrait être le contraire. Nous devons voir, a-t-il ajouté, comment nous pouvons mieux gérer le risque et comment l'argent du FMI peut mieux aider les pays en crise.

Il a souhaité que des politiques commerciales efficaces soient appliquées pour aider les pays victimes de ralentissements économiques. Il vaudrait mieux reconnaître que l'Argentine fait face à un problème, plutôt que de laisser l'Argentine s'enfermer sur elle-même. Il a proposé que dans des situations de ce type on fasse preuve d'une aide fraternelle à l'égard de pays en difficulté, en attendant qu'il se relève. Au XIXème siècle lorsqu'un pays ne remboursait pas sa dette, les armées de pays comme la France et le Royaume Uni intervenaient militairement pour imposer un changement de pouvoir au pays débiteur. A titre d'illustration, il a rappelé qu'en 1902, Caracas a été bombardée par l'Italie pour les mêmes raisons. A cette occasion, venant à la rescousse du Venezuela, l’Argentine a déclaré que les créanciers devraient garder à l’esprit que quand ils prêtent de l'argent à un gouvernement, ils prennent automatiquement le risque de ne pas être remboursés. Par la suite, les Etats-Unis ont invoqué la doctrine Monroe.

Exposant ses vues en matière de changement, M. Stiglitz a regretté que l'on n’ait pas encore abordé des questions aussi essentielles que les mouvements de capitaux, la stabilité du système de réserve, la situation et le nombre de pays qui ont été frappés par une crise ces trente dernières années. Rien n’a été entrepris pour faire face à ces problèmes fondamentaux qui commencent à affecter les pays développés, et plus seulement les pays en développement.

En ce qui concerne les leçons les plus importantes qu’il faut retenir, il a estimé q’il fallait avant tout équilibrer les marchés et a rappelé que ni les régimes autoritaires ni le libéralisme absolu n'ont réellement marché. Il faut trouver un équilibre entre les deux, en regrettant que nous n'ayons pas été capable de trouver cet équilibre dans le passé.

L'autre message important, c'est la nécessité d'appliquer les principes de base en matière de renforcement des politiques monétaire et fiscale. Il faut appliquer ce qu'on enseigne dans toutes les universités du monde en matière économique. Au plan économique, il faudrait que les prises de décision soient plus démocratiques. L'expertise est trop souvent entachée d'idéologie et d'intérêts personnels. Dans tout domaine de prise de décisions économiques, il faudrait pouvoir entendre les syndicats, les consommateurs, les acteurs du commerce et tous les secteurs sur lesquels les décisions économiques ont une influence. Les institutions de Bretton Woods et le FMI ne peuvent plus avoir le monopole des décisions économiques.

Affirmant l'importance qu’il y a à améliorer la gestion publique des gouvernements, M. Stiglitz a expliqué que la politique la plus importante pour combattre la pauvreté est l'emploi. Lorsque nous avons réduit le taux de change de chômage de 6 à 3% aux Etats-Unis, sous l'Administration Clinton, nous avons en fait grandement œuvré contre le chômage et la criminalité et en faveur du social. Nous constatons aussi que la pauvreté augmente parallèlement au taux de chômage. Si les gouvernements échouent c'est parce qu'ils n'ont pas de stratégie de croissance soutenue.

Débat général

M. Enrique A. Manalo (Philippines) a déclaré que sa délégation souscrivait à la déclaration faite par le Venezuela au nom du Groupe des 77 et de la Chine. Nous devons faire le maximum d'efforts pour favoriser un regain d'investissements en direction des pays en développement, et une meilleure ouverture des marchés des pays du Nord aux produits des pays en développement. Peu importe le niveau de libéralisation des marchés. Si les pays du Sud ne peuvent améliorer leurs capacités d'exportation, ces politiques n'auront aucun sens pour nous. Pour y arriver, nos pays ont besoin d'une augmentation des investissements étrangers directs (IED) et de celle du niveau d'APD, qui viendrait renforcer nos propres ressources nationales. Les règles du commerce et le fonctionnement de l'OMC elle-même doivent mieux répondre aux besoins et aux priorités des pays en développement. Les Etats doivent appliquer de manière plus équitable et plus complète les accords du Cycle d'Uruguay, notamment ceux qui sont d'un intérêt particulier pour les pays du Sud. Les Philippines aimeraient aussi voir l'OMC contribuer au renforcement des capacités humaines des pays en développement, dans le domaine des négociations commerciales, par des programmes d'assistance technique. Cette assistance nous est nécessaire, notamment dans le secteur de la résolution des disputes commerciales. Notre délégation préconise aussi l'établissement de relations de travail plus formelles entre l'ONU et l'OMC en vue de maximiser l'impact du rôle central des Nations Unies sur les questions de développement

M. Al Ayed (Jordanie) a déclaré que les débats de la Deuxième Commission sont importants cette année plus que jamais, car nous sommes témoins d'un consensus international sans précédent à l'issue des Conférences internationales de Doha, Monterrey et Johannesburg. Même si nous ne sommes pas tous satisfaits de la portée de ces consensus, nos efforts doivent tendre vers l'application de ce qui a été décidé. Ayant constaté que la pauvreté et la protection de l'environnement vont de pair, il s'est félicité que, dans le contexte du Consensus de Johannesburg, de nouveaux partenariats aient pu être initiés avec la société civile et le secteur privé. En ce qui concerne le développement durable, il nous faut des résolutions et des échéances qui nous permettraient de mesurer notre efficacité dans la mise en œuvre de nos engagements. Il faut être conscient que notre monde est unique et qu'il est dans l'intérêt de tous d'aboutir à la prospérité des pays en développement. A cet égard, il a cité les efforts de la Jordanie ces dernières années pour une meilleure intégration dans l'économie mondiale, avec notamment l'adhésion à l'OMC et la mise en place d'une zone de libre échange en 2001. Il s'est également fait l'avocat de la nécessité d'augmenter l'aide publique au développement et d'alléger la dette des pays en développement.

M. Kamil Baialinov (Kirghizistan)a déclaré que la vulnérabilité des petites économies aux grandes tendances mondiales s'était accrûe au cours des dernières années. Les pays en développement sans littoral et les pays en transition sont parmi les groupes de nations les plus affectées par les fluctuations de l'économie mondiale. Les pays à relief montagneux, dont la catégorie compte des Etats dont le niveau de développemnt est disparate, bénéficieront d'un année mondiale organisée à leur intention. Nous aimerions que les différences qui existent au sein de notre groupe de pays soient prises en compte dans les réflexions qui seront menées dans ce cadre. Notre délégation soumettra un projet de résolution sur cette question.

M. Gints Jegeranis (Lettonie) s'est félicité des Conférences de Monterrey et de Johannesburg et a rappelé la référence que constitue la Déclaration du Millénaire qui énonce un cadre de politique générale en ce qui concerne le développement économique et social. Il a appelé à ce que des cibles plus détaillées soient arrêtées en formant le vœu que le commerce international soit réellement un moteur du développement. Il a précisé qu'en signant un mémorandum d'accord avec le PNUD, son pays est particulièrement fier d'être devenu un pays donateur. Il a exhorté la Deuxième Commission à trouver les moyens de renforcer les activités des Nations Unies en matière de cohérence des politiques économiques et d’éviter les doubles emplois et répétitions des résolutions et points de l'ordre du jour.

M. Amos Nadai (Israël) a rappelé que les questions abordées par la Deuxième Commission ont comme ambition d'améliorer le bien être de l'humanité. Il a déclaré que les deux dernières Conférences internationales de Monterrey et de Johannesburg fournissent des objectifs et standards clairs et mesurables, alors que la Déclaration du Millénaire nous offre le cadre politique pour atteindre ces objectifs dans les domaines économique, social et environnemental. Evoquant les engagements de son pays à l'égard des principes arrêtés à Johannesburg, il a précisé qu'Israël a initié une politique de gestion durable de l'eau afin de réduire la demande tout en créant des sources supplémentaires et qu'il travaille en collaboration avec la société civile pour protéger la riche diversité biologique de la région. Il a évoqué les efforts de coopération du Ministère des affaires étrangères d'Israël qui se sont traduits voilà 40 ans par la mise en place du programme MASHAV visant à encourager la coopération régionale et à diffuser l'expérience d'Israël dans les nations en développement. Dans ce contexte, des cours ont été dispensés en 2001 dans plus de 100 domaines à destination de plus de 3000 personnes originaires de 120 pays. Il a fait part de son soutien à l'initiative du NEPAD et a évoqué les difficultés auxquelles son pays doit faire face en matière de lutte contre le terrorisme.

M. Aleg Ivanou (Bélarus) a déclaré qu'au moment où l'on accepte que les Etats doivent eux-mêmes être en premier responsables de leur propre développement, il est nécessaire de les aider à renforcer et à améliorer la qualité de leurs ressources humaines. La capacité des pays en transition à mener à bien leurs réformes économiques se heurte au manque de moyens humains qualifiés, et la mise en œuvre des engagements de Monterrey et de Johannesburg risque de se heurter au même problème. Le Bélarus demande donc un renforcement de la coopération internationale dans ce domaine, notamment dans les secteurs de l'éducation, de la santé, de la protection de l'environnement et du développement des moyens d'information et des technologies de l'information et de la communication (TIC). Les autres points sur lesquels nous aimerions voir la Commission mettre un accent particulier au cours de ses travaux sont relatifs à l'intégration de tous les pays à l'économie mondialisée; à la promotion de nouvelles sources de financement pour le développement; au développement durable; et au renforcement des structures institutionnelles destinées à soutenir la mise en œuvre des engagements pris à Monterrey et à Johannesburg.

M. Al Sulaiti (Bahreïn) a évoqué les réalisations en matière de développement humain de son pays qui occupe la première place parmi les pays arabes en ce domaine pour la sixième année consécutive. Il a souligné la nécessité de trouver un équilibre entre les politiques économiques mondiales et nationales. Il a dit toute l'importance des nouvelles technologies et de ses bénéfices pour les pays en développement. Il a ajouté qu'il est dans l'intérêt de la communauté internationale de mettre les bénéfices de la mondialisation au profit des pays en développement, notamment dans le domaine de la lutte contre la pauvreté. Il s'est félicité des initiatives prises en matière de développement durable et de protection de l'environnement à Johannesburg, en rappelant que le Royaume du Bahreïn a précisé dans sa Charte d'action nationale la nécessité de préserver l'environnement. En conclusion, il a fait état des efforts de son pays en matière de bonne gouvernance et d'égalité des sexes.

M.Felipe Paolillo (Uruguay) a souscrit à la déclaration du Groupe des 77 et de la Chine, faite il y a deux jours par le Venezuela. La lutte contre la pauvreté doit être soutenue par les pays développés à travers un meilleur respect de leurs engagements envers les accords conclus au cours des grandes conférences multilatérales, a déclaré le représentant. Le commerce est une des sources essentielles de création de richesses et de ressources financières, et nous exigeons de ce fait l'application complète des accords commerciaux conclus au cours des négociations du Cycle d'Uruguay. Les entretiens qui ont eu lieu à Doha semblent avoir reconnu que les barrières tarifaires, qui existent dans les pays riches, et les subventions agricoles que versent ces pays à leurs producteurs, sont un des principaux obstacles au développement des pays pauvres. Cette situation est aggravée par la chute des cours des matières premières et par les politiques de contingentement qui sont appliquées dans le secteur du textile. L'Uruguay, comme de nombreux pays d'Amérique latine, est profondément affecté par ces politiques.

M. Alfonso Valdivieso (Colombie) a rappelé que la récession économique des pays développés a frappé les productions et les exportations des pays en développement et aggravés l'infrastructure financière mondiale. Il a précisé que la mondialisation a été considérée comme la meilleure opportunité pour promouvoir le développement mondial. Néanmoins, comme l'a montré la Commission économique pour l'Amérique latine et les Caraïbes (CEPAL), la mondialisation s'accompagne d'une situation injuste et n'améliore pas la situation économique dans le sens où les capitaux sont mal distribués. Il a regretté que les institutions financières internationales qui se sont réunies la semaine dernière ont montré la mauvaise situation de l'Amérique du Sud, qui au cours de ces cinq dernières années, n'a touché que 106 milliards de dollars d'aide. Certains, a-t-il ajouté, estiment que les mauvais résultats de l'Amérique du sud sont dus à la mondialisation, d'autres à la mauvaise gestion des gouvernements concernés. Il a précisé que l'Amérique latine a répondu à un bon nombre de conditions du Consensus de Washington afin de créer un cadre de prospérité pour les marchés naissants, malheureusement sans succès.

En outre, le représentant de la Colombie a précisé l'importance de voir la société civile, le secteur privé et tous les acteurs concernés par le développement travailler de concert si nous voulons réussir le développement. Dans le même ordre d'idées, il a formé le vœu d'un système commercial plus équitable entre tous les peuples de monde et d'une réforme du système financier international. Il est nécessaire, a-t-il insisté, de promouvoir des programmes d'assistance technique pour augmenter la compétitivité des petites et moyennes entreprises des pays en développement. En conclusion, il a fait sien l'appel lancé voilà deux jours par M. Nitin Desai, qui a dit que malgré les limites auxquelles nous devons faire face, nous avons en main tous les outils nécessaires pour favoriser un véritable multilatéralisme au service de tous, avec la collaboration des institutions financières.


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