Ref. :  000039271
Date :  2016-02-15
Language :  French
Home Page / The whole website
fr / es / de / po / en

L’Afrique dans les assiettes du Nouvel an chinois

Author :  Chinafrica


image



Holothuries de Madagascar et ormeaux d’Afrique du Sud font partie des « ba zhen », les huit trésors de la cuisine chinoise, avec les ailerons de requin ou encore les nids d’hirondelle. Ces deux spécialités venues du continent africain seront sur les meilleures tables de Chine à l’occasion du Nouvel an lunaire qui tombe cette année le 8 février.

« Tout ce qui est cher est bon pour nos clients », affirme le plus sérieusement du monde un restaurateur chinois. Une maxime que l’on retrouve au menu des grandes tables du Nouvel an. L’ormeau d’Afrique du Sud est ainsi devenu la star des repas luxueux.

Le quotidien de Macao apprend que le célèbre restaurant du casino MGM servira pour l’année du singe ses deux meilleures spécialités : des ormeaux braisés d’Afrique du Sud et du concombre de mer sauvage arrosé de sauce d’huitre. Le tout pour 100 euros par personne.

Le premier, l’ormeau, est un coquillage aux vertus supposées aphrodisiaques dont les meilleures espèces – et donc les plus chères – viennent pour l’essentiel du continent africain.

L’Afrique du Sud s’est fait une spécialité dans ce mollusque à la coquille brillante or et bleue. Si le pays ne produit que 3% des ormeaux dans le monde, il est le plus gros producteur en dehors d’Asie et l’essentiel part pour la Chine.

Comme des champignons...

La crise économique dans l’Empire du Milieu et la baisse de plus de 43% de la demande chinoise en matières premières africaines ne touche pas encore les assiettes. Des fermes d’élevages d’ormeaux ont poussé comme des champignons le long des côtes du Cap, comme le révèle un reportage de la BBC. La production y aurait augmenté de 600% ces dernières années, selon la chaîne britannique.

L’exportation d’ormeaux vers la Chine représente ainsi la moitié des revenus de l’aquaculture sud-africaine. De quoi alimenter le braconnage qui représente jusqu’à un tiers des exportations de ce coquillage.

Les meilleurs ormeaux d’Afrique du Sud peuvent se vendre 400 euros le kilo au marché noir. On les retrouve ensuite sur les meilleures tables de Chine, de Hong Kong et de Macao vendus trois fois plus cher. L’ormeau est désormais surnommé l’ « or blanc » sur les côtes du Cap où des centaines de contrebandiers ont été arrêtés ces dernières années. Les populations d’ormeaux sauvages sont en danger assurent les experts.

En octobre 2015, la police sud-africaine a saisi l’équivalent d’un million d’euros de coquillages de contrebande. Mais la résistance s’organise. L’Afrique du Sud a ainsi accueilli l’an dernier un forum réunissant trente pays pour lutter contre cette pêche illégale sur ses côtes.

A Madagascar, les concombres de mer en danger

A Madagascar, l’Association PIM (« Pêche illégale Madagascar ») tire également la sonnette d’alarme. La grande île est en effet victime de la pêche illégale de ses fameux concombres de mer. De son nom officiel, holothurie, il s’agit de l’autre gourmandise des tables asiatiques.

Un animal marin au corps mou, parsemé de tentacules et que l’on sert arrosé de gingembre, d’ail et de sauce d’huitre, généralement en soupe ou en bouillon. Sa forte teneur en protéines en fait une recette incontournable de la médecine traditionnelle. Le concombre de mer est servi depuis les dynasties Ming et Qing pour soigner l’anémie, l’impuissance et les troubles rénaux. Selon les croyances chinoises, le concombre de mer est un aliment qui prévient les maladies et augmente la longévité, au même titre que les autre « trésors » de la cuisine chinoise. Pas étonnant donc que l’on serve ce mollusque pour les grandes occasions. Mais l’appétit chinois attire là encore les contrebandiers.

« Plus de quarante tonnes de concombres de mer auraient été pêchés illégalement ces sept derniers mois, selon l’ONG. Si la destination prisée des pêches illégales était jusqu’alors dans le nord et dans l'ouest du pays, depuis sept mois nous avons été informé de l'abondance de concombres de mer côté est, soit autour de l'île Sainte Marie. Il a suffi de quelques jours pour voir l'arrivée de dizaine de bateaux. Chacun de ces navires pêche quotidiennement jusqu’à 250 kilos de concombres de mer ! ». L’association accuse les pêcheurs chinois d’être derrière ce trafic et s’inquiète de voir disparaître cet animal qui nourrit depuis toujours les populations locales et dont le rôle est essentiel dans l’écosystème malgache.

Countries : 
- China   

Rate this content
 
 
 
SEARCH
Keywords   go
in 
Translate this page Traduire par Google Translate
Share

Share on Facebook
FACEBOOK
Partager sur Twitter
TWITTER
Share on Google+Google + Share on LinkedInLinkedIn
Partager sur MessengerMessenger Partager sur BloggerBlogger
Other items
where is published this article: