Ref. :  000006143
Date :  2003-03-17
Language :  French
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Pour une refondation du concept de diversité culturelle

"L’Assemblée générale prierait instamment tous les acteurs qui oeuvrent sur la scène internationale d’édifier un ordre international fondé sur l’inclusion, la justice, l’égalité et l’équité, la dignité humaine, la compréhension mutuelle ainsi que la défense et le respect de la diversité culturelle et de l’universalité des droits de l’homme, et de rejeter toutes doctrines d’exclusion fondées sur le racisme, la discrimination raciale, la xénophobie et l’intolérance qui y est associée. Elle prierait instamment tous les États de faire en sorte que leur système politique et juridique reflète la pluralité des cultures existant au sein de la société et, le cas échéant, de réformer leurs institutions démocratiques afin qu’elles soient plus largement participatives et évitent la marginalisation et l’exclusion de secteurs déterminés de la société ainsi que la discrimination à leur égard. "
Projet de résolution de l’ONU en date du 29 novembre 2001


La " diversité culturelle " est invoquée à tout propos, en toute instance, sans évaluation critique et avec une inflation verbale qui ne cesse de croître. Or, c’est bien sûr un mauvais service que l’on rend à la cause essentielle que devrait justement représenter une telle expression, aujourd’hui trop souvent réduite à la dimension d’un slogan. Face à une publicisation mercantile qui dissout son intérêt et sa validité mêmes, il apparaît indispensable de refaire de la diversité culturelle un concept, et de restituer à ce concept une dignité propre et exceptionnelle, résolument ancrée dans son horizon contemporain.

Fort de cette conviction, je souhaite ici sortir des limites que j’ai proposées dans le Dictionnaire critique de " la mondialisation " (1) pour suggérer une définition encore moins normative et instrumentale, mais qui permettrait de répondre à certaines apories de l’époque dès lors qu’il est question de culture(s). Une définition qui ne se veut ni neutre ni œcuménique, et dont l’objet n’est pas une description, mais bien une interprétation, assumée et revendiquée comme telle.

Je définirai donc la diversité culturelle par cinq mots et m’en expliquerai. Ces cinq mots sont : " diverse ", " culturelle ", " dynamique ", " réponse " et "projet". Il me semble qu’à l’aide de ces cinq repères, dans le faisceau qu’ils créent par leur combinaison, une redéfinition utile et pertinente peut advenir.


Diverse

Premier point, la diversité culturelle est diverse, ce qui constitue le premier sujet d’omission et de glissade collectives. Comme si le divers de diversité était d’évidence, et comme si chacun l’entendait de manière homogène, identique… et, précisément : non diverse !

Alors, ne faisons pas une fois de plus table rase du passé, et efforçons-nous de rappeler le contenu, l’essentialité, la quiddité du divers de la diversité. Car ce divers ne saurait être confondu avec ses équivalents usuels : le différent, le pluriel, le multiple, le varié, etc. Le divers réclame une dignité logique et ontologique propre, à défaut de laquelle on ne saurait fonder aucun espoir sur lui, sur sa " durabilité " (obsession de l’époque !) et sur la possibilité de mobiliser en sa faveur de manière pérenne une volonté politique et sociale largement partagée. C’est pourquoi il faut reconnaître d’emblée que le divers de la diversité, avec son acception contemporaine dans les langues latines et anglo-saxonnes… n’est qu’une notion assez faible et approximative – qui n’est certainement pas encore un concept. Ainsi, pour Le Robert, le divers n’est-il que ce " qui présente plusieurs aspects, plusieurs caractères différents, simultanément ou successivement " — définition caractéristique de l’ordinaire vacuité conceptuelle du mot. Le divers est aimable, sympathique, mais il ne dit pas grand chose, et c’est sans doute dans cette indistinction qu’il faut repérer l’origine de l’engouement consensuel qu’il a suscité ces dernières années, après les joutes ayant opposé les parties en présence sur le concept dur, éprouvé et d’ancienne origine juridique de " l’exception ". Il apparaît donc urgent de faire sortir le pas-encore-concept de diversité de cette mollesse aimable qui a fait son succès. À cet égard, le retour à l’acception latine du diversus me semble indispensable. Quand on relève son emploi chez César (2), Salluste (3), Tacite (4), qui en font grand usage, on note ainsi que le signifié qui s’en dégage est majoritairement celui d’opposé, de divergent, de contradictoire, de différent au sens actif, et non pas celui, dominant aujourd’hui, de " varié ", voire de " multiple ". Divertere, c’est se tourner vers une direction différente, se détacher, se séparer, s’éloigner. Il y a en constante la dimension du mouvement et de la lutte, mais aussi, simplement : de la vie, qui n’a rien à voir avec le pur constat comptable, sinon administratif, de la variété ou de la multiplicité. En vue d’une refondation du concept de diversité culturelle sur des bases plus fermes, il est important de réactualiser cette étymologie d’un diversus qui n’est pas un constat, mais un mouvement qui advient dans la lutte, plutôt que par une espèce de consensus aimable.


Culturelle

Deuxième point, et non des moindres, à entendre dans toutes ses conséquences : la diversité culturelle est culturelle ! Ni tautologie, ni truisme, je réclame le plus grand sérieux à cet égard. D’autant plus que le Sommet mondial sur le développement durable de Johannesburg en août 2002 n’a eu précisément de cesse de confondre le destin de la biodiversité avec celui de la diversité culturelle, et de poser l’importance qu’il y aurait à rapprocher les luttes en faveur de la préservation de ces deux espèces de diversité (5) — cheval de bataille dont s’est aussitôt emparé le politique sans les vérifications ou précautions d’usage…
Eh bien ! l’affaire est grave ! Car, si l’on désire que ce concept acquière quelque dignité philosophique et quelque valeur juridique, on ne saurait concéder que la diversité culturelle puisse être " naturelle "… S’imaginer la " renforcer " en la naturalisant — en la rapatriant dans l’ordre de la nature… — serait non seulement naïf, mais encore criminel, d’un point de vue philosophique et anthropologique. Cela aurait pour corollaire et conséquence de simplement nier la spécificité propre de la culture et de gommer la tradition de pensée moderne la concernant.
Au contraire, le diversus de la diversité culturelle doit requérir son étymologie pour rappeler qu’il n’est — qu’il ne peut y avoir — de diversité culturelle que dans la lutte des formes culturelles, d’une part, contre " la nature " — et sa " biodiversité " elle-même —, d’autre part, contre d’autres formes culturelles. Le divers culturel ne devient ce qu’il est que dans l’épreuve de cette double lutte incessante avec le biodivers et avec lui-même (avec l’autre et le multiple des cultures). C’est d’ailleurs un tel constat qui permettrait d’éviter la polémique récurrente sur le " multiculturel " et " l’interculturel ". En effet, le multiculturel se situe clairement du côté de la biodiversité et de son il y a: il y a du multiculturel comme il y a du biodivers, cela est bon et doit être préservé... Avec toutes les morales du multiple qui en découlent. Bien différemment " l’interculturel " rappelle par son concept que les cultures n’adviennent que par et dans leur conflit avec les conditions et les formes naturelles, mais aussi que par et dans leurs rencontres avec d’autres cultures. L’inter de interculturel peut désigner une rencontre pacifique ou guerrière, mais assurément une rencontre qui produit bien du diversus.


Dynamique

Troisième point, intimement lié aux précédents : la diversité culturelle ne saurait être statique, figée et comptable. Elle se doit d’être dynamique, et de l’être sans relâche, à défaut de quoi elle se réduirait à la forme morte de l’inventaire patrimonial. Imaginons un instant un " domaine musical " au sein duquel il n’y aurait plus que des catalogues d’éditions musicales que l’on s’efforcerait de " conserver " et de " promouvoir " sans y associer une activité de développement et de production de musiques nouvelles… Ce lieu préservé ne pourrait nullement être nommé " lieu de diversité culturelle ", mais plutôt " cimetière " ou " potager culturel ", puisque y ferait défaut un diversus ne pouvant naître que d’une activité de production vive, volontaire, pérenne, enfin " diversifiée "… Cela aussi peut paraître " évident ", et cependant, les discours dominants — à commencer par le discours du Prince — sur la diversité culturelle sont d’une grande pauvreté à l’égard d’une telle exigence dynamique. L’idée même de " préserver et de promouvoir la diversité culturelle ", qui a acquis à juste titre une certaine notoriété depuis novembre 2001 et l’approbation de la Déclaration universelle de l’UNESCO, et même si elle désigne clairement un processus, un mouvement, reste encore bien trop statique. Elle confine la diversité dont il serait question dans le statut d’un étant qui ne porte pas en soi-même le mouvement propre au diversus. Tout se passe comme si cette idée avait peur d’assumer la conflictualité intrinsèque au mouvement de la diversité culturelle — la reconnaissance que cette diversité ne se développe que par le conflit, même si celui-ci n’est pas forcément meurtrier. Tout se passe comme s’il s’agissait surtout de normaliser d’abord pour pouvoir " gérer au mieux " ensuite une diversité culturelle dont on s’efforcerait d’oublier qu’elle n’est pas seulement productrice d’art et de beauté, mais qu’elle est aussi à la racine de beaucoup de conflits humains. À rebours de cette attitude (politique conventionnelle) d’évitement systématique de ce qui pourrait fâcher dans le diversus, je suggère de mettre en valeur les ambiguïtés et les contradictions inhérentes à la dynamique interculturelle. Aussi bien ce qu’elle peut avoir de destructeur sur un plan sociopolitique que ce qu’elle peut construire au cœur de la Cité – tous ces liens qu’elle peut tantôt faire, tantôt défaire, sans qu’il soit envisageable de sélectionner, de programmer seulement la part " positive " du processus, et de se débarrasser de sa part d’ombre. Revendiquer que la diversité culturelle soit dynamique et pas seulement comptable présuppose de renoncer à l’angélisme de la diversité " forcément bonne " et de se tenir prêt à entendre la complexité de sa contribution à l’élaboration du monde.


Une réponse

Quatrième point : la diversité culturelle doit sortir de son statut ordinaire de " question " pour être plutôt entendue comme une " réponse ". Cette remarque permet aussi de spécifier la nature de la dynamique qui vient d’être évoquée. En effet, dans l’appréciation courante de la diversité culturelle, le mouvement des interrogations qu’elle engendre se réduit à peu de chose, qui ne forge pas encore une dynamique : on s’interroge sur le sens et les limites de la diversité culturelle ; on s’efforce d’en inventorier les formes ; on débat de la disparition des patrimoines, etc. Mais on ne met pas au cœur de la réflexion et de l’action qu’elle suscite l’idée qu’elle se doit d’être une réponse : une réponse politique, une réponse sociale, une réponse éducative, voire une réponse économique. Nous avons pris l’habitude d’entendre de manière assez passive la diversité culturelle comme quelque chose qui adresse un défi à l’humanité, qui lui pose une question et qui est soi-même une question. Mais nous ne l’entendons pas suffisamment comme quelque chose qui, du fait même de son mouvement, et en raison des modalités de ce mouvement, apporte des réponses à l’humanité, les unes positives — souhaitées et approuvées —, les autres parfaitement indésirables. Les unes : découverte interculturelle, fraternisation, convivialité, fertilisation des créations, mise en commun et partage des savoirs et des œuvres… Les autres : intolérance, mépris, proscription, appropriation intellectuelle et juridique, domination globale, guerres… A savoir, des réponses problématiques qui échappent à la pudeur normative de la diversité culturelle comme question. C’est pourquoi je propose de percevoir la diversité culturelle simultanément comme une question et comme une réponse : une question incessamment formulée et lancinante sur ce qu’elle pourrait être, et une réponse qui ne cesse de trouver, d’inventer, et de se trouver. La réponse que porte en elle la diversité culturelle est à l’image même du diversus latin : elle est opposition entre des forces qui mènent le monde en sens contraires ; elle est contradiction entre des résultats ambigus (par exemple, la croissance quantitative et qualitative des " biens et services culturels "). En un mot, elle est Aufhebung au sens hégélien : ce qui " supprime " tout en " maintenant " et en " recréant " — cette relève (comme traduit Derrida) qui se souvient de son histoire tout en l’abolissant, qui est capable de dépasser une telle histoire en assumant ses crimes et ses grandeurs, une relève qui porte le mouvement de culture plus loin.


Un projet :

Cinquième et dernier point : la diversité culturelle doit devenir ce qu’elle est — ou n’aurait pas dû cesser d’être —, à savoir un projet. Aux esprits éclairés, cela peut encore paraître un truisme, et cependant ! Combien sommes-nous éloignés de cette acception et de cette façon même de vivre et de dire— de plaider, le cas échéant — la diversité culturelle ! Car cette diversité, dont on parle tant, on la confine aussi trop souvent dans un rôle d’une passivité extrême : celui de la beauté qui doit rencontrer ses protecteurs ; celui du Bien (toujours lui !) qui serait à défendre ; celui du patrimoine (réflexe de banquier) qui serait à sauvegarder (" chefs-d’œuvre en péril ", disait-on naguère), sinon à valoriser … C’est ainsi que la diversité culturelle se trouve intégrée, de manière croissante, au sein de projets politiques, administratifs, gestionnaires, marketing, multilatéraux… qui font d’elle un élément privilégié de leur stratégie, la clef d’un discours correct et acceptable en tout lieu… mais qu’elle n’est pas pour autant perçue en elle-même, per se, comme un projet autonome, qui pourrait se dispenser d’en faire prospérer d’autres pour exister. Or, pour mériter les espoirs que beaucoup fondent sur ce concept qui n’a pas encore réussi à faire oublier sa fragilité principielle, la diversité culturelle n’a pas vraiment le choix, en un temps où i) l’OMC est prête à libéraliser à peu près tout ce qui ressort aux dimensions éducative et culturelle ; où ii) la privatisation des savoirs, des rituels et des patrimoines les plus anciens et les plus publics— au sens de l’intérêt général et public — est menée par les " compagnies majeures " multinationales à un rythme effréné, enfin, où iii) la culture sous tous ses aspects est devenu une marchandise — une commodity— parmi d’autres, mais aussi parmi les plus lucratives (comme on le voit clairement avec la rivalité Etats-Unis / Union Européenne sur les " biens et services culturels "), avec sa cascade de produits dérivés et ses industries déterminées à dissoudre toute velléité d’indépendance. En effet, face à ce qui est précisément et sans ambages un projet de domination globale, sinon totale, les " partisans de la diversité culturelle " n’ont guère de marge dans leur recherche d’une troisième voie entre les " tenants de l’exception " et ceux d’une libéralisation sans condition des marchés éducatifs et culturels. Quand un projet aussi résolu, massif et structuré se présente de manière aussi claire, il n’est, de fait, que deux solutions viables : soit se soumettre, soit opposer en retour (ce qui est le propre du diversus romain) un projet d’une clarté, d’une fermeté et d’une volonté comparables. " Un projet ", c’est-à-dire un ensemble cohérent et systématique d’analyses, de thèses, de fins et de moyens qui, partagé par une même communauté d’intérêts (en l’occurrence, l’intérêt public et l’intérêt général !), se trouve mis en œuvre par elle afin d’atteindre les fins qu’elle s’est fixées. C’est sur les caractéristiques d’un tel projet que je souhaiterais conclure.


Un projet, oui — mais lequel ?

D’abord, un projet théorique. La prime urgence est, en effet, un travail de refondation critique qui ne se suffit pas de constater l’assentiment international dont bénéficie le leitmotiv de la diversité culturelle pour le valider, et qui exige de voir ce concept fondé en raison, sans restriction a priori, sous toutes ses modalités et à l’épreuve de toutes les cultures – en particulier les non occidentales. À cet égard, il faut aussitôt noter que le travail en question est déjà accompli, pour l’essentiel, et qu’il s’agit surtout de le rassembler et de le confronter de manière contradictoire et transdisciplinaire, plutôt que de le " refaire ". La somme considérable d’études et de de recherches menées lors des dernières décennies sur les problématiques du multiculturalisme, de l’interculturalisme, du pluralisme, en particulier, cette somme ne peut être ni gommée ni hâtivement dépassée : elle doit être inventoriée, synthétisée et mise en regard des interrogations aujourd’hui formulées dans les différents cadres nationaux, régionaux et multilatéraux. Alors, la diversité culturelle pourra-t-elle abandonner son statut d’évidence positive a priori pour reprendre un habit qu’elle n’aurait pas dû quitter, à savoir celui la complexité et de la conflictualité.
Ensuite, un projet juridique. On a voulu soudain faire de la diversité culturelle un concept juridique — qu’elle n’a jamais été jusqu’à présent dans l’histoire du droit —, comme si le droit pouvait se transmettre par suggestion ou attouchement… On a parlé très vite, dès que le thème de la diversité culturelle a fait florès, vers l’année 2000, d’un " instrument juridique " qui pourrait en traduire les objectifs dans les négociations commerciales et juridiques internationales. Mais, faute d’avoir seulement accepté de penser un instant en commun les difficultés théoriques que posait en préalable son concept, on a surtout décrédibilisé, dans un premier temps, cette idée d’instrument juridique censé préserver de toutes les menaces et parer à tous les maux. Il s’agit ainsi de reprendre les choses là où elles ont été négligées, et de lier de manière irrévocable l’approche de la diversité culturelle par, d’un côté la philosophie, les sciences humaines et sociales, et, d’un autre côté, le droit public, privé et international. Il s’agit de refaire du lien, et solide, entre ces approches disciplinaires qui se sont ignorées ou dispersées, pour les faire converger dans l’élaboration d’un corpus général de la diversité culturelle capable de répondre aux exigences actuelles de la scène diplomatique et commerciale multilatérale.
Enfin, un projet politique. Comme l’approche juridique, la revendication politique de la diversité culturelle est venue très tôt, avant même l’amorce d’un concept à peu près viable et soutenable auprès des administrateurs privés et publics des biens et services culturels. On a improvisé une " politique de la diversité culturelle " avant même de considérer sa philosophie ou son droit. On a ainsi développé une argumentation en faveur de la diversité culturelle teintée de moralisme, de bons sentiments, de tautologies… et de contrevérités, alors que cela n’était pas nécessaire et se révélait contre-productif. Il faut donc, là aussi, reprendre les choses dans un ordre qui n’est que celui de la logique, et qui réclame plutôt d’inscrire toute politique possible de la diversité culturelle sur les fondations édifiées (souvent de longue date) par philosophie, sciences humaines, sociales et droit. Alors, la diversité culturelle pourra-t-elle aussi devenir ce véritable projet politique qu’elle ne saurait éviter d’être, afin d’affirmer, de réitérer l’irréductibilité du grand domaine éducatif, linguistique et culturel à la sphère marchande, afin d’imposer de manière pérenne son exemption des règles normatives du droit commercial — afin de répondre trait pour trait à la stratégie de domination sans limite des compagnies privées " majeures " par une stratégie de domination sans réserve de l’intérêt général et public.


Cet article a été publié dans le numéro 20 de la revue Nouveaux Regards, Hiver 2002-2003.


Notes:

(1) Cf. l’article Diversité culturelle du Dictionnaire critique de " la mondialisation.
(2) Jules César : " Diversi pugnabant " (ils combattaient chacun de leur côté), De Bello civili, 1, 58, 4.
(3) Salluste : " Diversissimas res pariter exspectare " (attendre de manière égale les choses les plus opposées), De Bello Jugurthino, 85, 20.
(4) Tacite : " Diverso terrarum distineri " (être tenu éloigné à l’autre bout du monde), Annales, 3, 59.
(5) Cf. La table ronde Diversité culturelle, diversité biologique et développement durable qui s’est tenue à Johannesburg le 3 septembre 2002.


Bibliographie indicative :

de Bernard, François, " Privatisation ou partage des identités et de la diversité culturelles? ", contribution à un Colloque de l’Institut Français d’Ecosse, 29/02/2002, repris in www.mondialisations.org, rubrique Etudes.

________ " Economie de la matrice cosmopolitique de la diversité ", 24/05/2001. Contribution au Colloque UNESCO / MERCOSUR de Asunción, repris in www.mondialisations.org, rubrique Etudes/Déclarations.

________ " La diversité culturelle : du consensus mou au projet politique", Contribution aux Etats Généraux de la Culture, 30.11.01, repris in www.mondialisations.org, rubrique Diversité culturelle.

________ " Que peut être l’exception culturelle ?", in Le Télémaque n°10-11, CRDP de Bourgogne, Mai 1997.

GERM, Dictionnaire critique de " la mondialisation ", sous la dir. de François de Bernard, GERM / Editions Le Pré aux Clercs, Paris, 2002.

Ministère de la Culture et de la Communication (France) : " La diversité culturelle, une ambition française". 29/08/02. repris in www.mondialisations.org, rubrique Diversité culturelle.

Premier Ministre (France): " Soutenir la diversité culturelle en France et dans le monde". 29/08/02. repris in www.mondialisations.org, rubrique Diversité culturelle.

UNESCO, sous la dir. de Edgar Montiel, Hacia una mundializacìón humanista, Paris, Publicaciones UNESCO, 2002.



(Le présent article a également donné lieu à une synthèse, que vous trouverez dans le Dictionnaire critique à l'entrée suivante : Diversité culturelle)


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