Ref. :  000041814
Date :  2018-07-14
Language :  French
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Où je me tiens : « Nous avons besoin d’hommes prêts à défendre les droits des femmes et des filles »

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E. Wilkins Nah, procureur du comté de Bong situé au centre du Libéria.
Photo : ONU Femmes/Winston Daryoue


E. Wilkins Nah est l’un des 15 procureurs généraux sur le front de la lutte contre la violence sexuelle et basée sur le genre dans le contexte de l’après-guerre au Libéria. En associant son expérience juridique et sa connaissance des réponses centrées sur les victimes, il s’efforce de mettre fin à l’impunité et de rendre justice aux survivant-e-s.

« Lorsque j’ai pris mes fonctions (en tant que procureur) au parquet du comté de Bong, je ne savais pas comment traiter les cas de viols ou les autres affaires de violence à l’égard des femmes, car je n’avais jamais reçu de formation dans ce domaine.

Je ne connaissais que les aspects juridiques des affaires, et ne tenais pas compte des besoins particuliers des victimes, notamment en termes d’aide médicale et psychosociale ou de confidentialité. Ce n’est qu’après avoir suivi les séances de formation organisées par ONU Femmes que j’ai pris conscience des principes éthiques à appliquer aux affaires de violence à l’égard des femmes. Aujourd’hui, lorsqu’une affaire de ce type arrive sur mon bureau, ma première préoccupation est de veiller à mettre en place un suivi adéquat de la victime : d’abord, peut-elle se rendre dans un centre de soins, est-elle traitée de manière adaptée au poste de police, bénéficie-t-elle d’une assistance psychosociale. Puis vient la procédure judiciaire au tribunal.

D’après mon expérience en tant que procureur sur des affaires de violence sexuelle ou basée sur le genre, la cause profonde de cette violence est que culturellement, les femmes sont considérées comme des sujets (inférieurs) soumis à l’autorité des hommes. La prise de conscience des droits des femmes et des filles est très faible, surtout dans les communautés rurales.

J’ai l’impression que les personnes qui ne sont pas directement impliquées dans la gestion de ces affaires ont tendance à minimiser l’ampleur du problème. La violence à l’égard des femmes et des filles, en particulier le viol, détruit le lien social. Il est ahurissant de constater que la plupart des victimes sont des enfants.

Nous devons redoubler d’efforts pour changer les choses. Nous devons tous travailler de concert, car demain les victimes pourraient être nos proches. Personne n’est à l’abri.

Nous avons besoin d’un mouvement de masse, avec des hommes à sa tête, pour sensibiliser aux répercussions de ces actes de violence. Nous avons besoin d’hommes prêts à défendre les droits des femmes et des filles. »


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