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Date :  2017-02-22
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Les «politiques de diabolisation» alimentent la peur et la division


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Donald Trump souhaite construire un mur entre les États-Unis et le Mexique. Il existe déjà une séparation discontinue, faite de plusieurs clôtures et murs visant à empêcher l’immigration illégale. © Chess Ocampo / Shutterstock

• Amnesty International publie son Rapport 2016/17
• Des grandes puissances reviennent sur leurs engagements en matière de droits humains, faisant craindre un effet domino.
• Salil Shetty, secrétaire général d’Amnesty International, souligne dans l’introduction de ce rapport annuel que l'expression « plus jamais ça » - qui avait instauré l’ordre mondial après la Seconde Guerre mondiale – perd du terrain. Les États sont de plus en plus démissionnaires face aux atrocités qui sont commises partout dans le monde.


Les responsables politiques qui manient la rhétorique pernicieuse et déshumanisante du « nous contre eux » créent un monde plus divisé et plus dangereux, a alerté Amnesty International mercredi 22 février 2017 lors du lancement de son évaluation annuelle de la situation des droits humains à travers le monde.

Son rapport 2016/17, La situation des droits humains dans le monde, couvre 159 pays et offre l'analyse la plus complète qui soit de la situation des droits fondamentaux sur la planète. Il alerte sur les conséquences de la rhétorique du « nous contre eux » qui domine en Europe, aux États-Unis et ailleurs, alimentant un recul mondial des droits humains et se traduisant par une réponse dangereusement faible de la communauté internationale aux atrocités massives qui sont commises.

« En 2016, l'utilisation cynique de ces discours du “nous contre eux” distillant la peur et la haine a atteint des niveaux inégalés depuis les années 30. Trop de responsables politiques tentent de séduire l'électorat en répondant aux craintes légitimes en matière économique et de sécurité par une manipulation pernicieuse des politiques identitaires, de nature à semer la division », a déclaré Salil Shetty, secrétaire général d'Amnesty International.

« Les discours clivants des marchands de peur sont devenus une force dangereuse dans le monde. Donald Trump, Viktor Orbán, Recep Tayyip Erdogan, Rodrigo Duterte… de plus en plus de responsables politiques se déclarant antisystème défendent des programmes nocifs qui s'acharnent sur des groupes entiers de population, les désignent comme boucs émissaires et les déshumanisent.

« La politique actuelle de diabolisation propage honteusement l'idée dangereuse selon laquelle certaines personnes sont moins humaines que d'autres, privant des groupes entiers de leur humanité et menaçant de libérer les instincts les plus sombres de l'être humain. »

Une politique de diabolisation à l'origine d'un recul mondial des droits humains

En 2016, plusieurs bouleversements politiques ont révélé la capacité des discours de haine à libérer la face la plus sombre de la nature humaine. Si les propos pernicieux tenus par Donald Trump durant sa campagne sont particulièrement emblématiques de la tendance mondiale à défendre des politiques toujours plus clivantes et fondées sur la colère, d'autres dirigeants politiques à travers le monde ont comme lui parié sur des discours reposant sur la peur, l'accusation et la division pour remporter le pouvoir.

Les effets de ces discours se font de plus en plus ressentir sur les politiques et sur les actes. En 2016, des gouvernements ont fermé les yeux sur des crimes de guerre, conclu des accords qui affaiblissent le droit d'asile, adopté des lois qui bafouent la liberté d'expression, incité au meurtre de personnes simplement accusées de consommer des stupéfiants, justifié la torture et la surveillance de masse, et élargi des pouvoirs de police déjà draconiens.

Certains s'en sont également pris aux réfugiés et aux migrants – des boucs émissaires faciles. Le rapport annuel d'Amnesty International montre que 36 pays ont violé le droit international en renvoyant illégalement des réfugiés dans des pays où leurs droits étaient menacés.

Tout récemment, le président Donald Trump a mis en application le discours haineux et xénophobe de sa campagne en signant un décret destiné à empêcher les réfugiés de se réinstaller aux États-Unis – privant ainsi des personnes qui fuient des conflits et des persécutions dans des pays ravagés par la guerre, comme la Syrie, de la possibilité de trouver refuge dans le pays.

De son côté, l'Australie a fait intentionnellement souffrir les réfugiés en les piégeant à Nauru et sur l'île de Manus, tandis que l'Union européenne (UE) concluait avec la Turquie un accord illégal et irresponsable lui permettant de renvoyer des réfugiés dans ce pays, et que le Mexique et les États-Unis continuaient d'expulser des gens qui fuyaient la violence endémique en Amérique centrale.

Ailleurs dans le monde, une vague de répression massive s'est abattue sur la liberté d'expression, notamment en Chine, en Égypte, en Éthiopie, en Inde, en Iran, en Thaïlande et en Turquie. D'autres pays ont mis en œuvre des mesures de sécurité intrusives, telles que l'état d'urgence prolongé en France et les lois sans précédent sur la surveillance adoptées au Royaume-Uni. La politique de l'« homme fort » s'est aussi traduite par une montée des discours antiféministes et défavorables aux lesbiennes, gays et personnes bisexuelles, transgenres et intersexuées (LGBTI). En Pologne, par exemple, des tentatives de recul sur les droits des femmes ont déclenché des manifestations massives.

« Au lieu de défendre les droits, de trop nombreux dirigeants ont adopté un programme déshumanisant visant avant tout à servir leurs desseins politiques. Beaucoup violent les droits de groupes désignés comme boucs émissaires afin de séduire l'électorat, ou de détourner l'attention de leur incapacité à garantir les droits économiques et sociaux », a déclaré Salil Shetty.

« En 2016, ces formes les plus pernicieuses de déshumanisation sont devenues une force dominante dans la politique ordinaire à l'échelle de la planète. Les limites de l'acceptable ont bougé. Des responsables politiques légitiment activement et sans honte toutes sortes de politiques et de discours haineux fondés sur l'identité, tels que la misogynie, le racisme et l'homophobie.

« Les premières cibles de cette tendance ont été les réfugiés mais, si elle se poursuit en 2017, d'autres seront dans le collimateur. Il en résultera une multiplication des attaques fondées sur l'origine ethnique, le genre, la nationalité et la religion. À partir du moment où l'on cesse de considérer autrui comme un être humain jouissant des mêmes droits que soi-même, on se rapproche du gouffre. »

Un monde qui ferme les yeux sur les atrocités

Amnesty International tient à alerter sur le fait que les crises actuelles seront exacerbées en 2017 par l'absence handicapante de volonté politique en matière de droits humains sur une scène internationale chaotique. En effet, la politique du « nous contre eux » se manifeste également à l'échelle internationale, où le multilatéralisme cède la place à un ordre mondial plus agressif et plus conflictuel.

« Les dirigeants mondiaux n'ont pas la volonté politique de faire pression sur les États qui violent les droits humains, ce qui remet en cause un certain nombre de principes fondamentaux, allant du droit d'asile à l'obligation de rendre des comptes pour les atrocités massives qui sont commises », a déclaré Salil Shetty.

« Même des États qui se targuaient autrefois d'être de grands défenseurs des droits humains à l'étranger sont aujourd'hui trop occupés à faire régresser ces droits sur leur propre territoire pour demander des comptes aux autres. Plus des pays reculeront dans ce domaine, plus nous risquons de voir des dirigeants s'enhardir, par un effet domino, à rejeter des protections des droits humains bien établies. »

Le monde est confronté à une longue liste de crises, sans que l'on constate beaucoup de volonté politique de les résoudre. Citons par exemple la Syrie, le Yémen, la Libye, l'Afghanistan, l'Amérique centrale, la République centrafricaine, le Burundi, l'Irak, le Soudan du Sud et le Soudan. Le rapport annuel d'Amnesty International fait état de crimes de guerre perpétrés dans au moins 23 pays en 2016.

Malgré ces situations critiques, l'indifférence de la communauté internationale aux crimes de guerre est devenue la normalité, tandis que le Conseil de sécurité de l'ONU reste paralysé par les rivalités entre ses membres permanents.

« En ce début d'année 2017, parmi les États les plus puissants de la planète, nombreux sont ceux qui se préoccupent avant tout de leurs intérêts particuliers aux dépens de la coopération internationale, ce qui risque de nous entraîner vers un monde plus chaotique et plus dangereux », a déclaré Salil Shetty.

« Ce nouvel ordre mondial, où les droits humains sont considérés comme un obstacle aux intérêts nationaux, affaiblit dangereusement la capacité à combattre les atrocités massives qui sont commises, laissant la porte ouverte à des violences qui ne sont pas sans rappeler les heures les plus sombres de notre histoire.

« La communauté internationale avait déjà répondu par un silence assourdissant aux innombrables atrocités de 2016 : un flux ininterrompu d'horreurs à Alep, des milliers de personnes tuées par la police dans le cadre de la “guerre contre la drogue” aux Philippines, l'utilisation d'armes chimiques et des centaines de villages incendiés au Darfour… La question qui se pose en 2017 est : jusqu'où ces atrocités vont-elles aller avant que le monde ne se décide à intervenir ? »

Qui pour défendre les droits humains ?

Amnesty International appelle les gens du monde entier à résister à ces initiatives cyniques visant à faire reculer des droits humains garantis de longue date en échange d'une vague promesse de prospérité et de sécurité.

Son rapport souligne que la solidarité mondiale et la mobilisation du grand public seront particulièrement importantes pour défendre celles et ceux qui s'opposent aux autorités et se battent pour les droits humains – que les gouvernements présentent souvent comme des obstacles au développement économique, à la sécurité ou à d'autres priorités.

Selon le rapport annuel d'Amnesty International, des personnes ont été tuées pour avoir défendu pacifiquement les droits humains dans 22 pays en 2016. Parmi elles, certaines ont été prises pour cibles parce qu'elles s'opposaient à de puissants intérêts économiques, défendaient des minorités ou des petites communautés, ou combattaient les obstacles traditionnels aux droits des femmes et des personnes LGBTI. L'assassinat de la responsable indigène et défenseure des droits humains de premier plan Berta Cáceres au Honduras le 2 mars 2016 a envoyé aux militants un message qui fait froid dans le dos. Or, personne n'a été traduit en justice pour cet acte.

« Nous ne pouvons pas attendre passivement que les gouvernements défendent les droits humains, nous devons passer à l'action. Face à des responsables politiques qui ont de plus en plus tendance à diaboliser des groupes entiers de population, il a rarement été aussi évident que nous devions tous, partout dans le monde, nous battre pour les valeurs fondamentales que sont la dignité humaine et l'égalité », a déclaré Salil Shetty.

« Chacun d'entre nous doit demander à son gouvernement d'utiliser tous les pouvoirs et toute l'influence dont il dispose pour dénoncer les auteurs d'atteintes aux droits humains. En d'autres périodes sombres de l'histoire, des personnes ont fait la différence en se mobilisant, qu'il s'agisse des défenseurs des droits civils aux États-Unis, des militants anti-apartheid en Afrique du Sud, ou des membres des mouvements de défense des droits des femmes et des LGBTI partout dans le monde. À nous tous de relever le défi aujourd'hui ! »

Complément d'information

Amnesty International a rassemblé des informations sur de graves violations des droits humains commises en 2016 dans 159 pays. Voici quelques exemples, loin d'être exhaustifs, de la montée et des répercussions des discours pernicieux et de la répression du militantisme et de la liberté d'expression mis en avant dans son Rapport 2016/17 :

Arabie Saoudite : des détracteurs du gouvernement et des défenseurs des droits humains et des droits des minorités ont été arrêtés et emprisonnés pour des chefs d’inculpation à la formulation vague, par exemple pour avoir « insulté l'État ». Les forces de la coalition dirigée par l’Arabie saoudite ont commis au Yémen des violations graves du droit international, dont des crimes de guerre présumés. La coalition a utilisé des armes fournies par les gouvernements américain et britannique, notamment des bombes à sous-munitions interdites au niveau international, pour bombarder des écoles, des hôpitaux, des marchés et des mosquées, entre autres, tuant et blessant des milliers de civils.

Bangladesh : au lieu d'offrir une protection aux militants, aux journalistes et aux blogueurs ou d'enquêter sur les homicides dont certains ont été victimes, les autorités ont poursuivi en justice des médias et des opposants, notamment pour des publications sur Facebook.

Chine :
la répression s'est poursuivie contre les avocats et les militants, entre autres sous la forme de détentions au secret, d'« aveux » télévisés forcés et d'actes de harcèlement à l'encontre de membres de leur famille.

Égypte : les autorités ont eu recours à des mesures telles que l'interdiction de quitter le territoire, des restrictions financières et le gel des avoirs pour affaiblir, diffamer et réduire au silence des groupes de la société civile.

États-Unis : la campagne électorale marquée par des propos discriminatoires, misogynes et xénophobes a fait naître de graves préoccupations quant à la solidité des futurs engagements américains en matière de droits humains, dans le pays et à l'échelle de la planète.

Éthiopie :
le gouvernement, tolérant de moins en moins les voix dissidentes, a utilisé les lois antiterroristes et l'état d'urgence pour réprimer les journalistes, les défenseurs des droits humains, l'opposition politique et, plus particulièrement encore, les manifestants, auxquels il a opposé une force excessive et meurtrière.

France : dans le cadre des sévères mesures mises en œuvre au titre de l'état d'urgence prolongé, les autorités ont perquisitionné des milliers de domiciles, prononcé des assignations à résidence et placé des personnes en détention.

Honduras :
Berta Cáceres et sept autres défenseurs des droits humains ont été tués.

Hongrie :
le gouvernement a défendu une ligne politique identitaire clivante et une vision très sombre de la « forteresse Europe », qui se sont traduites par une politique de répression systématique des droits des réfugiés et des migrants.

Inde :
les autorités ont utilisé des lois répressives pour restreindre la liberté d'expression et réduire au silence des personnes qui critiquaient le gouvernement. Les personnes et les organisations qui défendaient les droits humains ont continué de subir des actes de harcèlement et d’intimidation. Des lois répressives ont été utilisées pour tenter de faire taire des militants étudiants, des universitaires, des journalistes et des défenseurs des droits humains.

Iran : les droits à la liberté d'expression, d'association, de réunion pacifique et de conviction religieuse ont été sévèrement réprimés. Des détracteurs non violents du gouvernement ont été emprisonnés à l'issue de procès inéquitables devant des tribunaux révolutionnaires, notamment des journalistes, des avocats, des blogueurs, des étudiants, des défenseurs des droits des femmes, des cinéastes et même des musiciens.

Myanmar :
des dizaines de milliers de Rohingyas – toujours privés de nationalité – ont été déplacés lors d'«ºopérations de nettoyageº» émaillées, selon les témoignages, de tirs aveugles sur les civils, de viols et d'arrestations arbitraires. Parallèlement, les médias d'État ont publié des billets d'opinion contenant des propos déshumanisants très préoccupants.

Philippines :
une vague d'exécutions extrajudiciaires a été constatée après la promesse du président Duterte de tuer des dizaines de milliers de personnes soupçonnées d'être impliquées dans le commerce des stupéfiants.

République démocratique du Congo (RDC) : des militants en faveur de la démocratie ont fait l'objet d’arrestations arbitraires et, dans certains cas, ont été maintenus en détention au secret pendant de longues périodes.

Royaume-Uni : le référendum sur la sortie de l’Union européenne a été suivi d'une forte augmentation des crimes de haine. Une nouvelle loi sur la surveillance a doté les services de renseignement, entre autres, de pouvoirs fortement accrus leur permettant de s'immiscer massivement dans la vie privée des gens.

Russie : l'étau s'est resserré sur les ONG nationales. Le gouvernement a accru sa propagande qualifiant ses détracteurs d'« indésirables » ou d'« agents de l'étranger », et engagé les premières poursuites judiciaires contre des ONG au titre d'une loi sur les « agents de l'étranger ». Des dizaines d’ONG indépendantes recevant des fonds de l’étranger ont été ajoutées à la liste des « agents de l’étranger ». Les autorités russes ont par ailleurs fait preuve d'un mépris total pour le droit international humanitaire en Syrie.

Soudan : des éléments laissaient fortement présumer que des armes chimiques avaient été utilisées par les forces gouvernementales au Darfour. Ailleurs dans le pays, des opposants et détracteurs présumés du gouvernement ont été soumis à des arrestations arbitraires et emprisonnés. L’usage excessif de la force par les autorités pour disperser des rassemblements a fait de nombreuses victimes.

Soudan du Sud :
la poursuite des combats a continué d'avoir des conséquences humanitaires graves pour les civils. Des violations du droit international relatif aux droits humains et du droit international humanitaire ont été commises.

Syrie :
les responsables de crimes de guerre et de graves violations des droits humains, notamment des attaques tant directes qu’aveugles contre des civils et des longs sièges ayant piégé la population civile, ont continué de jouir de l'impunité. Le mouvement de défense des droits humains a été pour ainsi dire réduit à néant, les militants ayant été emprisonnés, torturés, soumis à des disparitions forcées ou contraints de fuir le pays.

Thaïlande :
les pouvoirs d'exception, ainsi que les lois sur la diffamation et la sédition, ont été utilisés pour restreindre la liberté d'expression.

Turquie : plusieurs dizaines de milliers de personnes ont été emprisonnées à la suite du coup d'État manqué. Des centaines d'ONG ont été suspendues, les médias ont été sévèrement réprimés, et les attaques se sont poursuivies dans les zones kurdes.

Venezuela : la répression s'est abattue sur les défenseurs des droits humains qui tiraient ouvertement la sonnette d'alarme à propos de la crise humanitaire provoquée par l'incapacité du gouvernement à garantir les droits économiques et sociaux de la population.


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