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Date :  2013-04-21
Language :  French
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Librement

Author :  Endre Kiss


Peut-être faisons-nous cependant erreur, si nous pensons, qu’il y aurait de nos jours peu de tentatives et de redémarrages de gauche. Effectivement, il y avait, dans les décennies passées, plusieurs grands redémarrages et de nouveau tant de redémarrages moindres ou plus limités. Déjà depuis presque un demi-siècle, les types de Marxisme post-moderne ou de post-modernisme marxisant existaient, également aussi depuis de nombreuses décennies, nous pouvions vivre la soi-disant Troisième voie comme un événement, qui reste dans les mémoires. Les diverses variations de la théologie de la libération sont continuellement existantes, en plus même aussi une gamme de soi-disant „modèles”, qui sont au moins au début liés à l’état (de Chavez à Hollande). La Corée du Nord et Cuba devraient aussi être citées, comme le géant des surprises, la Chine globalement communiste. Et nous avons surtout l’impression, qu’il y a bien davantage de penseurs de gauche que d’électeurs de gauche.

Notre impression prévaut malgré tout, qu’il n’y aurait pas ou presque pas de gauche de nos jours.

Nous ne percevons pas ce nombre de directions de gauche sans doute parce que ces conceptions ne sont pas similaires au Marxisme de base, à l’éternel archétype et au type idéal de la domination de pensée de gauche. Car, cet archétype avait une forme classique et omnipotente ! Si tu optes pour l’antagonisme majeur du monde historique et social, tu occupes une position de contradiction antagoniste, à partir de laquelle tu as immédiatement une perspective holistique, et avec l’aide de ce fait, tu as déjà en ton pouvoir un pôle d’antagonisme et disposes de la force d’initiative révolutionnaire.

A partir d’aujourd’hui, nous pouvons faire une généralité aussi rétrospectivement de l’incroyablement intense (même si la plupart du temps inconsciente) présence de l’antagonisme marxiste. L’énorme antagonisme agit probablement comme un opiacé et un inimitable modèle des structures de pensée. Probablement aussi de façon inattendue, ce modèle hérita d’un type exclusif de démarrage philosophique. Le démarrage ne devrait pas être – en dépit de toute apparence et de toute formation volontaire d’identité et même aussi en tant que grande surprise – un démarrage à partir du bas ! Aucune confrontation avec le monde des faits, et si possible, sans conditions, ne fut mise en question, le démarrage devrait devenir aussi vite que possible également logique, il devrait établir une domination logique sur le réel.

Si nous voulons typologiser dans une certaine mesure les formations intellectuelles de gauche les plus visibles, nous devons alors avancer prudemment et hypothétiquement. Néanmoins, les trois courants tout à fait les plus visibles, projetés sur le modèle original marxiste, montrent certaines similitudes.

La Troisième voie constate, qu’il n’y a plus aucun antagonisme dans la société, et conclut immédiatement aussi sur les conséquences, la société est parfaite et démocratique. Leibniz se lève et demande un micro, pour annoncer dans un anglais politique un ambitieux Tony Blair, ce serait le meilleur de tous les mondes. Il est important de voir, comment nous sommes arrivés à ce concept de la troisième voie. Ceci arriva par un court-circuitage de l’antagonisme Marxiste d’origine, dans une réalité, dans laquelle il n’a aucun effet – en conséquence, la société est déjà la meilleure de tous les temps.

La démocratie sociale de gauche ou la gauche socio-démocratique, très difficile à définir plus précisément (dans de nombreux pays, les noms oscillent aussi intensivement pour ces formations : de démocratie social à socialisme et vice versa : de socialisme de nouveau à démocratie sociale) ne trouve plus non plus le grand antagonisme original dans la société de nos jours, sa réaction est immédiatement aussi une réduction qui, finalement et conséquemment, réclame le remaniement de l’état avec le combat pour les dépenses sociales et donc pour recouvrer des positions toujours plus solides. L’objectif n’est en aucun cas de sous-estimer ce concept et cette pratique, cependant c’est aussi intellectuellement une position secondaire (non pas parce que l’antagonisme manque, mais), parce que le changement des valeurs et la transformation de toutes ces conditions, qui déterminent les positions dans le remaniement, sont hors du rayon d’action de ce concept. Cette réduction est condamnée à la passivité sociale et politique.

Aussi difficile qu’il soit de définir philosophiquement le Marxisme post-moderne and la gauche post-moderne, le mode de réaction analysé ici apparaît aussi en eux. Chez eux, l’antagonisme ne manque cependant pas. Ce qui est supprimé, c’est toutes leurs intonations linguistiques et conceptuelles. La gauche post-moderne est silencieuxe, muette, pense en différences. Elle remplace le seul antagonisme réjouissant par le même de la différence pensante. L’antagonisme déterminait tout „positivement” (remplace parfois la science), la différence détermine tout „négativement” (ne permet aucune déclaration positive sur la réalité). Le post-modernisme de gauche détruit la réalité pour sauver l’antagonisme logique de la différence.

La Troisième Voie, la gauche sociale-démocrate et post-moderne sont considérées comme trois ombres d’une énorme figure. La gauche post-marxiste reste fidèle à l’énorme silhouette d’origine.

Le secret, qui est touché ici, même s’il n’est en aucun cas exposé, est : la gauche peut seulement se mouvoir dans un monde, dans lequel le grand antagonisme marxiste fonctionne. D’un monde, dans lequel ce grand antagonisme ne fonctionne juste pas, elle a peu ou également rien à dire. Que peut-être nous mettons en place, sur la base de notre propre analyse, d’abord un modèle de société et ensuite de son changement, n’arrive pas ici, la créativité intellectuelle est en concurrence afin de savoir comment on peut tout à fait inférer, le plus rapidement et économiquement possible, d’un manque d’antagonisme à un manque de problèmes.

Une stratégie de gauche, intentionnelle ou non, peut seulement se développer définitivement, dans les décennies actuelles, dans le cadre d’un état-nation. A ce stade, nous réfléchissons à un état-nation très abstraitement, non en „politologue professionnel” (alors nous aurions dû parler de l’UE), non orientés nation (alors nous aurions dû oublier la globalisation). Nous voulons seulement renforcer le fait, que l’aire de jeu de la politique de gauche dans l’exécutif est essentiellement le cadre de l’état-nation (qu’il signifie ce qu’il veut). Dit très simplement : au dix-neuvième siècle, il y avait une idée du socialisme face au capitalisme attaché aux divers états-nations (s’ils en étaient déjà), aujourd’hui, il y a un capitalisme global face aux partis de gauche, dont les états-nations sont l’aire de jeu.

Nous présentions plus tôt la thèse, selon laquelle l’antagonisme global, hérité de Marx, détermine les trois familles de pensée de gauche. Deuxièmement, nous sommes arrivés à l’affirmation, selon laquelle l’aire de jeu réelle des activités de gauche est le parlementarisme démocratique des divers états-nations.

Les deux résultats pointent dans deux directions différentes. Dans ce cadre, nous ne pouvons parler d’un antagonisme global (ni fondamental, ni accidentel), car cette activité concrète a besoin de toute autre chose pour sa propre justification, pas seulement d’un antagonisme holistique et global, qui désirerait réorganiser toute la description du monde, du point de vue de cet antagonisme.

Sans l’antagonisme global, à partir duquel le monde serait à reconstruire, la gauche ne peut se constituer sur la base d’idées, elle ne peut cependant pas formuler un tel antagonisme. Son aire de jeu requiert cependant la capacité de formations de lobbies effectives plutôt qu’un antagonisme global comme point d’Archimède.

Cette divergence ne peut être résolue théoriquement. Car – étrangement – un des pôles de la divergence consiste en l’ambition d’un antagonisme lui-même holistique. Si la formation de la théorie est un des pôles de l’opposition, celle-ci ne peut être résolue par la théorie.

La divergence ne peut cependant pas non plus être résolue dans la pratique. Car l’autre pôle de l’opposition est juste une sorte de pratique politique quotidienne. La divergence de théorie et de pratique ne peut alors être unilatéralement résolue par aucune de ces orientations.

La résolution viendra et peut venir d’une façon non conventionnelle et aussi naïve d’une nouvelle vision de la société, le début du travail détaillé sur l’être social, une nouvelle ontologie sociale, qui peut gagner de nouvelles caractéristiques à partir du concept et du sujet „société” : possibilités au-delà de l’antagonisme déterminant tout, mais aussi au-delà du travail politique quotidien déterminant tout.

Le résultat de l’ontologie se transmettant elle-même est une société se transmettant elle- même et leur résultat commun est une complexité se transmettant elle-même, que plus personne ne peut déchiffrer.


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