Ref. :  000002485
Date :  2002-01-14
Language :  French
Home Page / The whole website
fr / es / de / po / en

Lobbying pharmaceutique (pretoria analyse)

Author :  Guerreco


Keywords : 


Quelques semaines après le procès de Pretoria, quelles réactions est on en droit d'attendre..Analyse

Pourquoi le lobby a cessé toute poursuite ?

Ces entreprises pharmaceutiques risquaient, au cours du procès, de se voir obligées de mettre sur la table leurs secrets les mieux gardés : politique tarifaire (les prix sont négociés pays par pays, et dépendent du rapport de force international), sources de financement de la recherche anti-sida (on se serait ainsi rendu compte de l'escroquerie que représentent ces brevets censés financer la recherche, alors que la plupart des molécules innovantes sont développées au sein d'organismes publics puis transmises aux firmes sous licence d'exploitation exclusive !) .

Mais le risque le plus important fut souligné par le représentant américain au commerce de l'administration Bush, M. Robert Zoellick. Cette controverse, déclarait-il lors du premier important entretien avec la presse qui suivit sa nomination, " sera un test de la capacité [de l'administration américaine] à renforcer l'adoption des principes du libre-échange aux Etats-Unis et dans le reste du monde. (...) Le lobby des entreprises pharmaceutiques ne s'en sortira pas indemne, les ONG (Oxfam, Act-up, MSF...) ont a présent les arguments nécessaires pour contrer l'industrie pharmaceutique et sa politique agressive basée sur les droits de brevets, face à une crise sanitaire monumentale, l'hostilité que cela a générée pourrait mettre en péril tout le système des droits de propriété intellectuelle .

Ce système repose, depuis 1994, sur l'accord international dit Adpic (aspects des droits de propriété intellectuelle relatifs au commerce), qui fixe un cadre général tout en maintenant certaines exceptions lors, par exemple, d'urgences sanitaires. Un accord dont les effets sont contestés ailleurs, du secteur agricole à celui du logiciel, et qui témoigne d'une volonté de privatiser, systématiquement, tous les savoirs, quelle que soient leur origine et leur utilité.(a titre de rappel ce sont les Etats-unis et le Japon les pays les plus actifs en terme de dépôt de brevets) Un vrai marché se développe sur ce créneau spécifique de la propriété intellectuelle car la maîtrise des brevets implique le contrôle des licences d'exploitation mais surtout du marché (par rapport a de nouveaux entrants ou pour bloquer une technologie) et il ne serait pas étonnant qu'on parle de plus en plus de "guerre des brevets".

Un avantage ressort tout de même de cette guerre du médicament livrée par les multinationales : celui d'avoir déclenché, chez les producteurs et utilisateurs de " propriété intellectuelle ", la prise de conscience qu'un enjeu global les réunit tous : l'existence de ce que certains qualifient de " domaine public de l'information ", ou d' " écologie de la connaissance ".

On aura vu les défenseurs du logiciel libre converser avec les activistes de la lutte contre le sida, s'intéresser aux semences agricoles et à la biodiversité. Et ce mouvement s'amplifie. Le Massachusetts Institute of Technology (MIT), a décidé le 4 avril de mettre tous ses cours sur son site Internet, à la disposition de tous : " Nous espérons que nos supports de cours seront traduits, commente le professeur Lerman. Les pays en développement ont besoin d'information, et doivent développer des infrastructures et des institutions. " Dans les milieux de la recherche, une pétition circule pour exiger des revues scientifiques qu'elles ouvrent leurs archives gratuitement à l'ensemble des étudiants. Et la notion de " bien public global " commence à être discutée en-dehors des institutions internationales...


Rate this content
 
 
 
SEARCH
Keywords   go
in 
the articles